Dépôt de garantie
Délai légal de restitution du dépôt de garantie : 1 ou 2 mois
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À la fin du bail, le locataire attend la restitution de son dépôt de garantie dans un délai encadré par la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 : un mois si l’état des lieux de sortie est conforme, deux mois en cas de différences. Ce guide détaille ces délais, leur point de départ et un exemple de calendrier daté.
En bref
Le dépôt de garantie est restitué dans un délai d’un mois si l’état des lieux de sortie est conforme à l’entrée, et de deux mois s’il révèle des différences imputables au locataire (art. 22 de la loi du 6 juillet 1989). Le délai court à compter de la remise des clés. Un dépassement ouvre droit à une majoration de 10 % du loyer mensuel en principal par mois commencé.
Deux délais selon l’état des lieux
La loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 prévoit deux durées possibles pour la restitution du dépôt de garantie. Le délai applicable dépend de la comparaison entre l’état des lieux d’entrée et celui de sortie, réalisée dans l’esprit de l’article 3-2 et du décret n° 2016-382.
- Si l’état des lieux de sortie est conforme à l’état des lieux d’entrée, le dépôt est restitué dans un délai d’un mois (art. 22).
- Si l’état des lieux de sortie fait apparaître des différences imputables au locataire, le délai est porté à deux mois.
C’est donc la précision des deux états des lieux qui conditionne le délai. Des documents complets, décrivant chaque pièce et chaque équipement, permettent d’établir sans ambiguïté si le logement a été rendu dans le même état qu’à l’entrée.
Le point de départ : la remise des clés
Quel que soit le délai applicable, le point de départ est identique : la remise des clés par le locataire. Celle-ci peut se faire en main propre, contre récépissé, ou par lettre recommandée avec avis de réception.
La date de remise des clés doit être soigneusement établie, car c’est elle qui fait courir le délai. Ni la date de fin du bail, ni celle de l’état des lieux de sortie ne servent de point de départ si elles diffèrent de la remise effective des clés.
Table récapitulative des délais
| Situation | Délai de restitution | Point de départ |
|---|---|---|
| État des lieux de sortie conforme | 1 mois | Remise des clés |
| Différences imputables au locataire | 2 mois | Remise des clés |
| Retard du bailleur | Majoration de 10 % du loyer mensuel en principal | Par mois commencé au-delà du délai |
Exemple de calendrier daté
Supposons que le locataire remette les clés le 5 septembre, contre récépissé daté. Deux scénarios sont possibles selon l’état des lieux de sortie.
- État des lieux de sortie conforme à l’entrée : le délai est d’un mois. Le bailleur doit restituer le dépôt au plus tard le 5 octobre.
- État des lieux de sortie présentant des différences imputables au locataire : le délai est de deux mois. Le bailleur doit restituer le solde au plus tard le 5 novembre, accompagné des justificatifs de retenue.
Dans le premier cas, un versement reçu le 10 octobre serait en retard de quelques jours, ce qui correspond à une période mensuelle commencée et déclenche la majoration légale. Le mode de calcul du solde et des retenues est détaillé dans notre guide sur la restitution du dépôt de garantie.
Ce qui peut être déduit du dépôt
Pendant ce délai, le bailleur établit le décompte des sommes à restituer. Il peut retenir tout ou partie du dépôt, mais uniquement sur présentation de justificatifs tels que des devis ou des factures, et seulement pour de véritables dégradations pondérées par la vétusté, ou pour des loyers et charges impayés. L’usure normale ne peut jamais justifier une retenue.
Lorsque le logement se situe dans un immeuble collectif, le bailleur peut conserver une provision plafonnée à 20 % du dépôt dans l’attente de l’arrêté annuel des comptes, le solde étant régularisé ensuite.
En cas de dépassement du délai
Si le bailleur ne respecte pas le délai applicable, le solde dû au locataire est majoré de 10 % du loyer mensuel en principal pour chaque période mensuelle commencée de retard. Cette majoration ne s’applique toutefois pas si le locataire n’a pas communiqué au bailleur sa nouvelle adresse. Le calcul complet est expliqué dans notre guide sur la majoration en cas de retard.
Pour préserver ses droits, le locataire a donc tout intérêt à transmettre ses coordonnées à jour au moment de la remise des clés. Un délai clair, un point de départ certain et une nouvelle adresse communiquée sont les meilleurs garants d’une restitution dans les temps.